CAN 2025 : Les chances du Sénégal jugées « assez faibles »

Le Sénégal a donc décidé de faire appel devant le TAS, mais ses chances de succès semblent limitées. Selon Romain Bizzini, avocat spécialisé en droit international du sport, une application stricte du règlement devrait conduire à confirmer la décision de la CAF. Il souligne néanmoins une zone d’interprétation : le règlement ne précise pas clairement le cas d’une équipe qui quitte temporairement le terrain avant de revenir pour terminer le match. Le Sénégal pourrait ainsi défendre l’idée qu’il n’y a pas eu abandon définitif.

Un autre argument pourrait porter sur la définition même d’une équipe en jeu. Les règles de l’IFAB exigent un minimum de sept joueurs sur le terrain pour poursuivre une rencontre, alors que seuls trois joueurs sénégalais seraient restés présents à un moment donné. Cet élément fragilise encore davantage la position sénégalaise.

La possibilité de rejouer la finale semble, en revanche, très peu probable. Le règlement de la CAF est explicite sur la sanction à appliquer en cas d’infraction, et prévoit une défaite automatique. Même si le TAS dispose de pouvoirs étendus, rien n’indique qu’il s’écartera de ce cadre.

Si la décision est confirmée, les conséquences seraient importantes : le Sénégal devrait restituer le trophée, et un échange de médailles serait organisé au profit du Maroc. Une situation rare qui illustre l’ampleur du conflit et son caractère exceptionnel dans l’histoire du football africain.

Au-delà de ce cas précis, cette affaire pourrait faire jurisprudence. Elle pose notamment la question du comportement des équipes sur le terrain et des limites entre interruption temporaire et abandon. Elle pourrait également pousser la CAF à revoir et préciser son règlement afin d’éviter de nouvelles zones d’ombre à l’avenir.

Source : Marca, entretien avec Romain Bizzini (23 mars 2026)