21 Mar FSF : soupçons de corruption autour d’une élection déjà fragilisée par une “voix en trop”

L’élection d’Abdoulaye Fall à la tête de la Fédération sénégalaise de football continue de faire polémique plusieurs mois après sa tenue. L’affaire, désormais portée devant le Tribunal Arbitral du Sport, met en lumière des pratiques qui interrogent profondément sur la transparence du processus électoral au sein du football sénégalais.
À l’origine du litige, un recours introduit par le camp de Mady Touré, qui conteste la régularité du scrutin. Selon plusieurs médias, dont Het Laatste Nieuws et des relais de la presse africaine, des irrégularités auraient entaché le premier tour, accompagnées de soupçons de pressions et de manœuvres en coulisses.
L’élément le plus troublant reste toutefois cette anomalie lors du dépouillement : 510 bulletins retrouvés dans l’urne pour seulement 509 votants inscrits. Une incohérence qui, dans n’importe quel cadre électoral rigoureux, aurait dû entraîner une suspension immédiate du processus ou une enquête approfondie.
Au lieu de cela, la commission électorale a choisi une solution expéditive : retirer arbitrairement une voix attribuée à Abdoulaye Fall pour rétablir l’équilibre numérique. Une décision qui soulève de sérieuses questions. Sur quelle base ce vote a-t-il été annulé ? Pourquoi ce candidat précisément ? Et surtout, comment garantir l’intégrité d’un scrutin si une telle correction peut être opérée sans transparence ni traçabilité ?
Pour les observateurs critiques, ce type de gestion alimente un climat de suspicion plus large autour de la gouvernance du football sénégalais. Sans preuve judiciaire formelle à ce stade, il est néanmoins difficile d’ignorer que ce genre d’irrégularité ouvre la porte à des doutes légitimes sur d’éventuelles pratiques opaques.
Le recours devant le TAS apparaît ainsi comme une tentative de rétablir un cadre impartial. L’instance devra déterminer si cette “correction technique” est conforme aux règles ou si elle constitue une atteinte à la sincérité du vote.
Au-delà du cas précis, cette affaire met en évidence un problème récurrent dans certaines structures sportives africaines : un déficit de transparence, des processus électoraux contestés et une gouvernance souvent remise en question par les acteurs eux-mêmes.
Si le TAS venait à invalider tout ou partie du scrutin, cela confirmerait que les irrégularités relevées ne sont pas anecdotiques. À l’inverse, une validation sans clarification risquerait d’entretenir le doute et de fragiliser davantage la confiance dans les institutions.
Dans tous les cas, cette affaire rappelle une réalité essentielle : sans règles claires, sans transparence et sans mécanismes de contrôle solides, même une simple voix de trop peut devenir le symbole d’un système contesté.